Empreintes silencieuses

« Chaque copeau arraché à la matière marque l’ensemble de son absence irrémédiable ou nécessaire. »
Fabrice Planchat

Mon travail joue d’abord de la lumière et de l’ombre, ensuite je tourne autour du flou qui est comme un repos pour l’œil. Il guide avec douceur le regard pour le fixer sur le détail qui va créer l’émotion.

La photographie m’apprend à prendre le temps de réfléchir aux choses.
Elle me permet de faire halte, à l’abri du bruissement visuel d’aujourd’hui. Celle qui m’habite est contemplative, je cherche à créer des images silencieuses. En fait, mon univers tient dans une sphère plus petite, et le format carré semble y concentrer et rendre statique à la fois le temps et l’espace.

C’est l’émotion qui me guide.

Les copeaux sont tellement fins que l’index sent le pouce à travers.
Ce que je cherche dans ce travail c’est peut-être une épaisseur à traverser.
Ne prend-on pas le risque de passer à côté de sa vie, à se soucier trop peu de ce qui ne compte pas ?